Ne pleure guère ! Courage, du caractère,
Affronte avec élan les flots chargés d’écume,
Ne crains pas la tempête noire, n’aie crainte,
Combien de vagues que l’océan ne dresse
Sur ton chemin, oh, monde !
Que mugisse l’ouragan de sa colère rentrée
Que gémisse l’océan comme l’enfer des vieux contes. –
Livre-toi à l’espoir et puis lutte
Et chante dans la nuit, que crève les éclairs,
Cherchant ton port.
Colomb, lui, mu par l’espoir sût atteindre la terre
Que ses pensées cherchaient au loin.
Comme lui, oh , monde, que ton élan te pousse,
Plus haut, plus avant, que tes paroles soient
Tes rêves et tes pensées.
Si les tyrans, oh, monde, toi, mon maître,
Voudront barrer ton chemin à jamais vers le bien,
D’abord prie-les ! Mais si… de tes prières douces
Ils se moquent… En te privant d’une main avare
De ses trésors,
Insurge tes enfants audacieux, comme les titans !
Comme le fauve transpercé par la lame.
Que les bourreaux en hurlent et maudissent leur vie
De pillages et paresse, que les tyrans voient venir
Dans les larmes leur fin.
Que l’horreur de la mort, leur fasse creuser leur tombe,
Pour se cacher dedans, eux, ce troupeau avide.
Que dans le sang la révolte trempe leur horde,
Et que la terre de cris et de pleurs retentisse
Comme au jugement dernier.
Marchant sur les blasons et sceptres, sur les trônes brisés,
Avance orgueilleux et marche fièrement
Vers une rive que le sang et les pleurs n’ont trempée,
Vers un rivage où la divine justice
Depuis des siècles attend.
Tes larmes donc essuie… et bien courageusement,
Par la nuit de l’enfer, par les flots écumant,
Avance avec élan !… N’aie crainte, ni n’hésite
Devant les hautes vagues et rochers qui se dressent
Sur ton chemin, oh, monde